Notre futur, pense écologie

Change tes habitudes de vie et vite !

Pendant que le Québec est sur pause, l’environnement prend du mieux. Mais si le coronavirus n’est pas une stratégie contre l’urgence climatique, cette crise incitera les Québécois à changer leurs habitudes à l’avenir. 

«Ce qu’on vit en ce moment, c’est un test pour les chocs qu’on va subir avec les changements climatiques dans les prochaines décennies», croit Karel Mayrand de la Fondation David Suzuki. 

Les différentes mesures prises en réaction à la pandémie ont aussi prouvé, même aux plus sceptiques, que l’on peut changer nos habitudes de vie en quelques jours seulement et que les impacts se font aussitôt sentir sur l’environnement (voir plus bas).  

Cette expérience démontre par exemple à quel point la réduction des déplacements a des répercussions positives sur la qualité de l’air.  

«Plutôt que de construire des routes, il faudrait penser à moins déplacer les gens», croit Karel Mayrand.  

À la Fondation David Suzuki, par exemple, la semaine de travail est de quatre jours afin de réduire le voyagement et ainsi diminuer leur empreinte carbone.  

«On pourrait envisager ça pour régler des problèmes de congestion, diminuer nos GES et améliorer la conciliation travail-famille. L’impact serait déjà énorme», explique-t-il.  

Les gens sont prêts à changer leurs comportements lorsqu’ils comprennent bien une crise, poursuit M. Bonin.  

«Ça prouve que les gouvernements pourraient faire la même chose dans la lutte contre les changements climatiques en misant sur la science et l’urgence d’agir», dit-il !

Et les cibles 2020 ou 2030 ?

  • Le ministère de l’Environnement n’a pas encore de données sur les baisses de GES au Québec. Il s’attend à une amélioration de la qualité de l’air.   
  • Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la chaire de gestion du secteur de l’énergie des HEC Montréal, a fait des calculs approximatifs basés sur une réduction de 10 % de l’activité économique sur l’année. «Ce qui est énorme, mais la crise est énorme», dit-il.  
  • Il serait plausible selon lui que le Québec diminue ses GES de 7 millions de tonnes d’équivalents en dioxyde de carbone (Mt éq. CO2) en 2020. Pour atteindre sa cible de 2020 (reportée par le gouvernement Legault, car inatteignable), le Québec devait diminuer de 10 Mt éq.
  • Comme nous sommes en 2022 et que les cibles ne sont pas atteintes, il semble que ce sujet est toujours remis à plus tard … 2030 ?

Et le recyclage, où en sommes-nous ?

Au Québec, 97% d’entre nous avons l’habitude de séparer (souvent, si ce n’est pas systématiquement) le papier, le carton, le plastique, le métal et le verre du reste de nos déchets. Au cours des dernières années, nous avons fait du chemin en saisissant la possibilité que des entreprises québécoises traitent les matières localement. Notre perception du recyclage a aussi été ébranlée depuis 2018, alors que les prix des matières triées par les centres de tri ont chuté et que les marchés pour ces matières se sont refermés, notamment celles qui étaient exportées dans des pays asiatiques. Mais ces matières demeurent des ressources qu’il ne faut pas jeter! Déboulonnons quelques mythes et idées préconçues sur le recyclage!

Documentaire « La terre vue du coeur » avec Hubert Reeves